LA PASTORALE
Théatre populaire de Soule

A la fin du XVIII éme siècle les pastorales étaient représentées dans l'Europe entière.
Cette tradition s'est perdue partout sauf en Soule.


La pastorale est la création artistique d'un auteur local, chantée et interprétée en basque par une troupe d'amateurs du village.
Les personnages évoluent dans des costumes qu'ils ont eux même créés au milieu d'un décor ou seuls certains objets symbolisent les lieux et les époques.
Les thèmes reprennent souvent des évenements de l'histoire locale, transmises par voie orale (et non plus comme à l'origine les amours des bergers pour les bergères)
La plupart des habitants du village préparent ce spectacle pendant près d'un an et se retrouvent au delà des divergences politiques, économiques, relationnelles autour du même projet: LA PASTORALE.
C'est un facteur puissant de réunification et de dynamisation de la vie culturelle du village.
Souvent le très vif succès remporté par le spectacle conduit ses créateurs à donner d'autres représentations dans d'autres communes du pays basque





LA PASTORALE AGOTA (de Junes CASENAVE HARIGILE)
Prix du THEATRE TORIBIO ALTZAGA
de l'ACADEMIE BASQUE EN 1992

Le sujet de la pastorale AGOTA ou Cagots.
Les personnages:

Qui sont ils au juste? Nous n'en savons rien. Les hypothèses sur leur origine ne manquent pas. Il faut avouer qu'aucune ne nous satisfait. Certaines d'ailleurs, sont quelque peu bizarres.
On les considérait comrne des étrangers. Mais eux-mêmes protestent qu'ils ont toujours vécu dans le pays.
Ils sont mentionnés, dans des écrits dès le XI ème siècle, par exemple dans l'antique Fors de Navarre, en 1074.
Si nous ignorons qui ils sont, nous savons, par contre comment ils ont vécu. Il est certain qu'ils sont en marge des autres, et même cantonnés dans un quartier à part. Ils n'ont pas de terre, mais ils exercent un métier: ils sont charpentiers, maçons, charbonniers, tailleurs de pierre, tisserands
Contrairement aux maîtres de la terre, ils ne participent pas à l'administration publique.
Comme la vie religieuse et la vie civile ne font qu'un, ils doivent obéir à certains impératifs même à l'église : une porte d'entrée et un bénitier distincts leur sont réservés, et des places bien définies à l'intérieur de l'église, de même que dans les processions et les cimetières.
Les mariages mixtes sont prohibés. Lors des festivités, ils ne peuvent se mêler aux danses des villageois. Par contre comme ils sont d'habiles musiciens, Ils animent ces danses au son de l'atabala et du txûlula.
Sont ils ce qu'on peut appeler aujourd'hui des exclus? Il est difficile de porter un jugement sur une période bien lointaine qui, à bien des aspects, nous échappe.

La pastorale Agota nous permettra de les voir vivre à travers les siècles.